Le pouvoir est-il aphrodisiaque ?

Si l’on en croit l’histoire de Shéhérazade ou celle de Don Juan, la Femme disposerait d’un immense pouvoir de séduction. Tandis que l’Homme est fait pour séduire … Charme et séduction seraient-ils donc le sel du quotidien ?

 

Les nombreux scandales sexuels de ces dernières années, dans le monde du pouvoir en général  (que les mis en cause soient coupables ou pas)   posent clairement la question :

Existe-t-il un lien entre le pouvoir et l’affirmation de sa virilité, à travers une capacité de séduction ? Autrement dit, les gens qui ont le pouvoir sont-ils dans une position phallique qui leur permet d’avoir en face d’eux des subordonnés qui sont bien souvent dans l’obéissance voire la soumission ?

Certains ont déjà répondu : le diplomate américain, Henry Kissinger, n’a-t-il pas dit : « Le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême » tandis que Roland Dumas, ancien ministre des Affaires Etrangères, déclarait de son côté :  « Le pouvoir érotise »

 

Tout d’abord, si l’on étudie de près la biographie de la Grande Catherine de Russie, connue pour son appétit sexuel et ses nombreux amants, il semblerait que « pouvoir et sexe » ne soit pas une exclusivité masculine !

Alors, si les hommes sont plus particulièrement visés, serait-ce parce qu’ils accèdent plus facilement au pouvoir ? … La question reste posée.

 

Premier séducteur de tous les temps :

Jupiter lui-même, dieu suprême de tous les dieux, dans la mythologie, se métamorphose pour vaincre ses belles, nymphes ou déesses.

 

L’historien Suétone (même s’il a souvent exagéré) rapporte comment César séduisait toutes les femmes de la haute société romaine.

Néron, Caligula, les descendants d’Hugues Capet, ….

Henri IV, surnommé le Vert-Galant en regard à ses extravagances amoureuses et ses 70 maîtresses, a fait naître sous ses draps bien des héritiers, légitimes ou pas.

Les multiples conquêtes du Roi-Soleil témoignent aussi de la virilité du souverain et s’inscrivent dans une conception spectaculaire du pouvoir absolu.

 

L’Histoire est ainsi émaillée de ces témoignages qui montrent que nos gouvernants ont parfois plus de mal à gouverner leurs sens que leurs administrés ! Ils auraient une activité sexuelle largement au-dessus de la moyenne.

En fait, la volonté d’accéder au pouvoir repose sur des critères différents, selon les personnalités. Certains (peu aujourd’hui) agissent par altruisme et pour rendre service à leurs contemporains. D’autres ont le besoin absolu de se montrer, ou d’être aimés. D’autres encore, ont une soif de dominer qui, souvent d’ailleurs, n’est que le reflet d’une mésestime de soi, mais passe par un comportement dominateur puisque, pour « exister », il faut écraser les autres.

Aujourd’hui, l’énergie qu’il faut déployer pour convaincre ses électeurs, les applaudissements de foules en délire, les sunlights de la télévision, est-elle de la même essence que l’énergie déployée pour séduire une femme ?

 

Si l’on peut se permettre un parallèle avec la vie animale, Gilles Goetghebuer, grand journaliste, écrit : « Chez les grands singes, les chefs sont toujours les plus actifs sur le plan hormonal, ce qui leur donne priorité pour couvrir les femelles ». Mais il a démontré également que ces fluctuations de testostérone ne sont probablement pas la cause mais la conséquence du pouvoir.

 

Si l’on sait maintenant que le droit de cuissage sous l’Ancien Régime, n’est qu’un mythe colporté par les philosophes du 18ème siècle, il n’en reste pas moins que l’histoire récente fourmille d’anecdotes « croustillantes », que ce soit dans nos pays de culture latine ou dans des pays traditionnellement plus puritains :

tel président français mort dans les bras de sa maîtresse en 1899, tel président américain et ses relations extra-conjugales, tel autre obligé de faire un mea culpa à la face du monde pour une relation adultère, tel grand homme politique français et ses soirées de débauche, ….

Et l’Histoire s’accélère … Avec une évolution des mœurs qui permet une libération de la femme qui n’est pas étrangère à certaines dérives : séduire un homme puissant, c’est se prouver qu’on a de la valeur. Donc coucher avec lui, c’est s’approprier la force qu’il symbolise.

 

Mais il y a le séducteur qui aime les femmes et les respecte ; avoir la jambe un peu leste avec des partenaires consentants ne regarde personne. Et il y a le pseudo-séducteur qui les harcèle pour obtenir leurs faveurs. Et là, les « anecdotes pimentées » deviennent parfois tentatives de viol ou viols.

 

En 2010, des scandales éclatent dans plusieurs pays d’Europe sur de vieilles affaires d’abus sexuels au sein de l’Eglise (Irlande, Allemagne, France, Belgique, Autriche, Pays Bas, Suisse, Norvège, …)

Mars 2011, un ancien chef d’état d’Israël condamné à 7 ans de prison pour viol.

Mars 2011 aussi, Amnesty International mentionne des officiers condamnés pour viols en Côte d’Ivoire

Mai 2011, une histoire à multiples rebondissements dans la chambre d’un grand hôtel new-yorkais, devient l’évènement planétaire du moment, éclipsant la guerre dans les pays musulmans, et le Fukushima qui pourtant continuait à déverser ses eaux radioactives.

Juin 2011, un élu de l’Essonne, adepte de la réflexologie plantaire, est mis en examen pour « viol en réunion »  sur deux employées (affaire non jugée à ce jour)

Août 2011, un gourou mormon polygame, condamné à perpétuité au Texas pour de multiples viols.

La liste peut se poursuivre, terriblement longue ….

Avec un point commun à tous : le pouvoir !

Certes, tous ces débordements ne sont pas réservés à la gente masculine, on l’a vu. De même que tous les hommes de pouvoir ne sont pas des cavaleurs invétérés (pour reprendre un titre récent du Magazine Le Point) pas plus que l’inverse.

 

Dans les années 1970, la morale a été frappée d’interdit. Pluton était en Vierge, un signe pudique et réservé. Et qui voulait en parler, était traité d’attardé. On a traversé l’affaire Boulin, le cancer en bonne santé d’un président, sa double famille aux frais de l’état, le secret de Monsieur Grossouvre qu’il a emporté avec lui, …

 

Aujourd’hui, dans une société complètement déboussolée qui cherche des repères qui ont explosé, la morale retrouve lentement son droit de cité.

 

« Ce n’est pas le pouvoir qui ouvre le chemin à la libido … mais la libido qui donne l’énergie de conquérir le pouvoir … sans calmer les ardeurs » nous dit Jean-paul Friedmann, psychothérapeute.

Le pouvoir et le sexe, c’est la même chose. Et plus on est chargé énergétiquement, plus on est fonceur et bagarreur … Et dans tous les domaines. Alors, désinhibé et narcissique de soi-même, on collectionne les femmes, tout comme les électeurs. Argent, pouvoir, fans, voyages, foules adoratrices : on peut avoir le sentiment d’être à l’abri de tout.

 

On a tous des pulsions sexuelles. Avec un Surmoi plus ou moins fort, un Surmoi qui fait office de gendarme, un Surmoi qui fixe plus ou moins les limites de ce que l’on peut faire ou pas.

Si le Surmoi est faible, si l’on est trop stressé, il y a dérapage et les limites volent en éclats

Si l’équilibre psychologique est suffisant, il y a possibilité de déplacer  … et, par exemple, de s’investir dans le travail.

 

Et l’astrologie dans tout cela, quel regard peut-elle porter sur le sujet ?

J’ai monté le thème de tous les gens cités plus haut. J’ai cherché un Mars dominant, éventuellement une Lune Noire en Bélier qui, selon l’endroit où elle est placée, peut donner dans certains cas (attention, n’en faites pas une généralité !) une sorte de boulimie d’action et un désir puissant qui dynamise en une projection sociale réparatrice.

Je n’ai rien trouvé de commun, sur lequel on aurait pu ériger une tendance.

 

En revanche, Pluton peut avoir un rôle dans l’explosion de ces scandales à répétition …. Pluton, le maître du Scorpion, Pluton, le maître symbolique de la maison 8, maison de la sexualité  (entre autres) : Pluton, ce pulvérisateur qui déstructure, transforme, oblige au changement en faisant exploser ce qui n’est plus valable.

Et Pluton dans le signe du Capricorne où il est rentré depuis 2008, met sa rigueur au service des faux-semblants et n’hésite pas à porter au grand jour ce qui était enfoui jusque là.

 

Saturne, d’autre part, a fait sa première incursion dans le signe de la Balance fin 2009. Il y est installé depuis juillet 2010 jusqu’à l’automne 2012 :

La Balance est le signe symbolique de l’harmonie, de la paix, de l’équilibre et de la conciliation, de la justice et de la diplomatie.

 

2009 / 2010 : Saturne et Pluton étaient en conflit (dissonance d’un carré décroissant, phase de réorientation après une crise dans la conscience, un point tournant important)

Le carré se défait, Saturne devient plus libre. Que ce soit dans nos vies personnelles ou sur la scène mondiale, il aide à la transformation voulue par Pluton.

 

Dans le même temps, Uranus est passé en Bélier. Et le Nœud Nord est en Sagittaire : deux signes qui ont soif de puissance et de justice.

 

 

Balzac nous disait déjà il y a bientôt deux siècles, par la bouche du Père Goriot « L’argent peut tout » …. Et il est vrai que la fortune alliée au sentiment d’impunité, à la solidarité de classe, à l’esprit de caste, ont permis, permettent encore aujourd’hui d’étouffer pas mal d’actions dont leurs auteurs devraient avoir honte.

Certains médias  – sont-ils peureux ou complaisants ?  –  parlent, de leur côté, « de racontars et de bruits de couloir, de ragots malsains et de confusions entre morale politique et ordre moral » … Je pense à cet ancien Ministre qu’on a nommé en juin « le grand bousier » sur un forum d’auditeurs, pour avoir mis au grand jour des faits qui avaient été portés à sa connaissance …

La preuve que, si révolution des consciences il doit y avoir, la société dans son ensemble n’est pas encore prête à entendre certaines choses.

 

Mais Pluton, la planète strip-tease, agit comme une purge. Il met à nu, vidange et purifie. Et comme l’a dit Coluche il y a déjà quelque temps, à propos d’une certaine marque de lessive : « Pluton lave plus blanc que blanc ! » Et ça, personne n’y peut rien.

 

Jacqueline  –  ce  10  septembre  2011

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