Le nucléaire, sujet tabou (2)

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme … »

C’est dans « Pantagruel » que François Rabelais nous livre, en 1532,  cette maxime toujours d’actualité : l’homme doué d’un goût pour les sciences ne doit jamais négliger sa conscience. Et lorsqu’Albert Einstein s’empressa de divulguer qu’on pouvait obtenir une énergie considérable avec la fission de l’atome, il réalisa trop tard que sa découverte, utilisée par d’autres à des fins militaires, pouvait tuer des millions de gens … Sans parler de ceux qui sont toujours vivants : en 2011, à Hiroshima,  des enfants n’ont pas d’autre horizon que des murs d’hôpital ; descendants de ceux qui ont été irradiés il y a plus de 60 ans, ils sont pris totalement en charge par l’état japonais.

 

Sur ce sujet très controversé du nucléaire, deux livres paraissent quasiment en même temps, en France, aux antipodes l’un de l’autre :

 

En avril 2011, Claude Allègre publie un essai  chez Plon : « Faut-il avoir peur du nucléaire ? ». Auteur de nombreux ouvrages, il explique pourquoi le nucléaire est une bonne solution à condition d’être rigoureux dans le contrôle de la sécurité et de progresser dans la gestion des déchets.

Cherche-t-il à être provocateur quand il affirme qu’on a plus de chances de mourir en prenant sa voiture que dans l’explosion d’une centrale ? … L’Académie des Sciences de New-York, pourtant, fait état d’un million de morts à Tchernobyl, ceci ajouté à toutes les malformations d’enfants et aux cancers des liquidateurs … Et l’on parle de centaines de kilomètres carrés pollués pour des centaines d’années …

 

En juin 2011, l’avocate écologiste et députée européenne, Corinne Lepage, sort un livre : « La vérité sur le nucléaire  –  Le choix interdit » aux éditions Albin Michel.

Certes, il nous arrive dans la foulée de la catastrophe japonaise. Et ses détracteurs lui reprochent déjà que sa formation d’avocate ne lui a pas donné un doctorat en physique nucléaire. Mais il est intéressant de se pencher sur ce « voyage inquiétant » dans l’univers du nucléaire français que nous propose l’ancienne ministre de l’Ecologie. Sécurité des centrales, coût réel de cette énergie, coût des contraintes ? … Difficile de répondre, dit-elle, c’est le règne de l’opacité.

Mais à ceux qui disent qu’on ne peut pas se passer du nucléaire, elle affirme qu’on peut imaginer un autre devenir. Après avoir étudié les risques, les arguments économiques, le prix et les choix industriels, notamment pour Areva et EDF, après avoir montré aussi la dangerosité du combustible Mox, ce mélange uranium/plutonium  utilisé par les réacteurs japonais, elle écrit que la position de la France, « pour le plus de nucléaire possible, est suicidaire ».

 

Parallèlement à la sortie très médiatisée de ces deux ouvrages, on assiste à une nouvelle et  sévère passe d’armes sur l’interprétation de résultats de mesures après l’accident du Fukushima entre :

* d’une part l’IRSN (l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) organisme public, qui intervient comme appui technique du gouvernement,

* et les écolos de la CRIIRAD (la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité.

Pour être tout-à-fait objectif, on peut penser que, s’il y a manque de transparence pour le premier, c’est peut-être dû aux infos transmises au goutte à goutte par Tepco, numéro 1 japonais de l’électricité (pourtant déjà condamné entre 1977 et 2002 pour avoir remis à l’Etat 200 documents falsifiés … afin de dissimuler une série d’incidents au sein de ses centrales nucléaires !…)

 

Quoi qu’il en soit, accusations lancées par l’un,  jugées infondées voire diffamatoires par l’autre !… Qui croire ?

La désinformation est totale, tant de la part des organismes responsables que de la part des médias. On nous joue Tchernobyl bis ! Vous vous souvenez de ce nuage radioactif qui avait eu l’intelligence de s’arrêter net aux frontières françaises !

Une désinformation qui continue, trois mois après Fukushima : malgré ce qu’on nous en dit, la crise n’est toujours pas contrôlée. Et même si l’on doit rester prudent dans les commentaires, on sait aujourd’hui de source sûre que les informations du début ont été en grande partie erronées (réacteurs plus endommagés que déclarés, fusion des réacteurs plus importants, contamination des populations plus élevée, …).

A ce jour, Tepco ne sait pas quoi faire des centaines de milliers de tonnes d’eau radioactive très contaminée qui sera probablement relâchée dans l’environnement. Sans oublier les millions de tonnes de déchets  rejetés dans l’océan, après le tsunami, qui sont parties pour un tour de dix ans dans le Pacifique Nord, menaçant la vie marine sur des centaines de kilomètres autour de la centrale –  avions, bateaux, voitures qui vont progressivement rejeter en mer des hydrocarbures ou des liquides toxiques  – (interview d’Yves Marignac, directeur de l’Agence d’Information sur le Nucléaire, paru dans le Monde le 10 juin)

Mais … silence des responsables, silence des médias, alors qu’il est sûr aujourd’hui qu’une partie du Japon ne pourra plus être habitée pendant quelques siècles. En attendant, des milliers de japonais ont défilé le 11 juin pour réclamer la fermeture des centrales japonaises.

 

De son côté, le Grand Patron d’EDF, affirme que « notre parc nucléaire est en excellent état » … et que nos centrales qui commencent à dépasser leur temps de vie initialement prévu, sont régulièrement visitées et entretenues. Espère-t-il nous rassurer ?

 

L’Allemagne, puis la Suisse, aujourd’hui l’Italie viennent de voter massivement l’arrêt du nucléaire … ils savent qu’ils pourront acheter leur énergie à la France … premier pays nucléaire du monde, dans lequel chaque habitant habite à moins de 300 km d’une centrale !

 

 

Un point de vue astrologique :

 

Dans un premier volet, on a vu comment relier certains faits du passé nucléaire, avec Saturne et le cycle Uranus / Pluton :

Deux catastrophes majeures lors du semi-carré croissant et du carré croissant Uranus/Pluton. A-t-on tiré suffisamment les conséquences des premières catastrophes ? … Le drame de Fukushima serait-il une piqûre de rappel pour des consciences endormies ?

 

Il semblerait que Tchernobyl soit devenu un vaste laboratoire à ciel ouvert  (Arte, émission du 25 mai 2010)  où les scientifiques étudient sur le long terme les effets de la radioactivité de faible dose sur les organismes vivants : pourquoi certains organismes meurent-ils prématurément ? Pourquoi les pins sont-ils malades ? Pourquoi au contraire les mulots et les peupliers sont-ils en pleine santé ?

Certes …. Mais il reste une facette essentielle du problème dans cette société du « chacun pour soi » dans laquelle nous vivons : et le premier scandale que révèle le drame du Fukushima, c’est l’exploitation à outrance d’une technologie, vieille, vétuste, (le nucléaire de 2ème génération) pour en tirer le plus de bénéfice possible.

 

Or, un accident nucléaire engage le monde entier.

Il est donc indispensable que le niveau de technologie et de sûreté soit élevé. Mais voilà … l’absence de risque n’existe pas dans cette énergie (risque actuel estimé par un scientifique  à 1 accident par an pour 10.000 réacteurs, soir 1 accident tous les vingt ans).

 

Pour rappel, et parmi les pays qui ont développé ou développent encore le nucléaire à outrance, on constate :

1957 : en Russie dans l’Oural : un accident nucléaire majeur à Tcheliabinsk (tenu secret pendant 25 ans)

1979 : aux USA : un accident nucléaire majeur  à  Three Miles Island

1986 : en Russie : un accident nucléaire majeur à Tchernobyl

2011 : au Japon : un accident nucléaire majeur à Fukushima.

 

En France ? … Les deux accidents les plus graves recensés à ce jour sont survenus sur la centrale de Saint-Laurent (Loir-et-Cher) en 1969 et en 1980 (accidents de niveau 4) ; et on a  évité de justesse une catastrophe à la centrale du Blayais en Gironde, lors de la tempête de décembre 1999.

Aujourd’hui, en juin 2011, c’est un nouveau site, celui de la centrale de Fort Calhoun dans le Nebraska, qui est en alerte maximale : à la suite d’une crue du Missouri, il existe une vulnérabilité importante due à l’inondation qui pourrait affecter un système de sécurité … scénario qui n’a hélas rien d’exceptionnel

 

Alors ….  Face à la désinformation subie, quel regard peut porter l’astrologie sur un éventuel avenir nucléaire ?

Dans son rôle de Grand Nettoyeur, implacable et sans état d’âme, Pluton, dans un premier temps, attire notre attention, et nous propose de faire table rase des intrigues et des compromissions, des injustices et des marchandages, de tout un fonctionnement devenu inadéquat et obsolète. Dans un deuxième temps, et si on ne comprend pas,  il nous plonge dans une terrible descente aux enfers, un tsunami de la vie qui nous laisse exsangue.

Or, nous vivons dans un monde incroyablement égoïste, violent, brutal, où des milliards d’individus ne pensent qu’à eux-mêmes, dans une société d’individualisme forcené, où l’argent est devenu un dieu qu’on vénère au nom de la réussite économique et sociale. Et tant pis si l’on doit écraser son voisin !

Le défi est lancé. Avec Saturne, comme maître du Capricorne, où Pluton s’est installé pour 16 années, il nous est demandé de revenir vers plus d’authenticité. Les faux-semblants ne sont plus d’actualité. Tout ce qui n’a pas été construit solidement, ne peut que subir de réelles « turbulences » d’autant plus que Saturne vient de terminer un carré décroissant et qu’Uranus va commencer un carré croissant : changement de vibration indispensable pour une nouvelle conscience collective.

 

Peut-on en déduire que la logique du nucléaire est en train de s’effondrer, comme toutes les logiques basées sur la préservation des intérêts d’un petit nombre, au détriment de l’immense majorité ?

Pourquoi tous les experts indépendants, sans exception, sont-ils critiques et inquiets pour l’avenir de la planète et la santé des populations, alors qu’aucun expert travaillant pour l’industrie du nucléaire, aucun gouvernement de pays fortement impliqué (comme la France ou les USA) n’est inquiet de ce qui se passe ?

Pourquoi les médias, si friands de scoops, ne relaient-ils pas le rapport interne d’EDF indiquant que les centrales françaises sont vulnérables aux chutes d’avions ?

Pourquoi passer sous silence les propos du président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) André-Claude Lacoste, qui répète que « personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident nucléaire en France … qu’il faut essayer de réduire la probabilité que cela arrive, ainsi que les conséquences si cela arrive » ?   (Le Monde  –  1er avril 2011) ?

Pourquoi passer sous silence les propos de l’actuel directeur général de l’IRSN, Jacques Repoussard, qui dit que « la France doit accepter de se préparer à des accidents nucléaires complètement inimaginables » ?    (La Tribune  –  5 avril 2011)

Pourquoi passer sous silence que des convois anonymes de plutonium traversent la France, chaque semaine, sur nos autoroutes ?

Comment comprendre qu’un train chargé de déchets nucléaires puisse traverser Paris sans qu’aucune mesure ne soit prise pour gérer un risque terroriste ou accidentel (propos rapportés de Denis Baupin, maire adjoint de Paris)  ?

Comment comprendre la reprise des transports de déchets radioactifs néerlandais et italiens jusqu’au centre français de la Hague, alors que scientifiques, associations, élus locaux se sont tous prononcés contre l’arrivée de ces combustibles irradiés ?  (convoi du 8 juin 2011)

 

La question essentielle, aujourd’hui, n’est finalement pas d’être pour ou contre le nucléaire !  Mais de poser les bonnes questions :

Sommes-nous prêts à vivre avec une technologie risquée, uniquement pour défendre l’indépendance énergétique d’un pays, ou apporter encore plus de profit à un lobby nucléaire ?

Est-il acceptable de vivre avec un risque aussi énorme à côté de chez soi ?

Est-il acceptable de laisser les conséquences du choix nucléaire à la charge de nos enfants et de nos petits-enfants, qui devront gérer pour nous le problème des déchets nucléaires ?

Est-on informé objectivement sur ces risques ?

Quelles leçons tirer de Tchernobyl 25 ans après … alors qu’on voit des milliers de personnes poussées par la misère, choisir de revenir dans une zone à risque, pour pouvoir se loger en retapant des maisons abandonnées ?

Et que dire à tous ces malheureux Japonais qui ont cru en leur gouvernement et en la société Tepco ?

Que dire aux gens qui vivent sur les îles du Pacifique, sachant que le plutonium empoisonne jour après jour l’océan qui les alimente ?

 

Les éléments les plus dangereux de l’énergie nucléaire, finalement, ne sont peut-être pas l’iode 131, le césium 137 ni même le plutonium 239 … Mais les dissimulations, les mensonges, les discours rassurants qui n’ont pour seul objectif que d’empêcher un débat contradictoire.

Le nucléaire est la meilleure solution, tant que ça n’explose pas. Mais ces 50 dernières années ont montré que le pire pouvait arriver.

Il va bien nous falloir vivre autrement … qu’on le veuille ou non !

 

Jacqueline  –  ce  25  juin  2011

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