La crise grecque

 

Eschyle, Sophocle et Euripide ont fait l’âge d’or de la tragédie grecque au 5ème siècle avant Jésus-Christ, dans un genre qui évoque la destinée de l’homme, et sa confrontation, essentielle, avec une décision des dieux. Il semble bien que le genre ait gardé une place particulière au sein de la société athénienne.

 

Soubresauts de la crise actuelle, avec une dette grecque qui s’élève aujourd’hui  à 350 milliards d’euros (soit 160% de son PIB), rebondissements et coups de théâtre ponctués par un ultimatum  qui vient tout à la fois de la Commission Européenne, de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International  … la tragédie grecque moderne se joue en plusieurs actes et n’en finit pas de rebondir.

 

 

Les  acteurs de la tragédie  :

 

Georges Papandréou, au pouvoir depuis deux ans. Né aux Etats-Unis, formé à l’américaine, ce sociologue est marqué par l’expérience de la social-démocratie scandinave.

Le 4 octobre 2009, à la tête du PASOK (mouvement socialiste Centre Gauche), il remporte les élections législatives, en promettant de mettre un terme à la corruption généralisée.

Mais arrivé au pouvoir avec une très faible majorité, et à la veille de la crise gigantesque qui secoue toute l’Europe, il perd beaucoup de ses amis, qui ont du mal à accepter les lois d’austérité qui se succèdent.

 

Le Pasok, ce parti de gauche était au pouvoir, déjà, lorsque le pays est passé à l’euro, avec le premier Ministre Kostas Simitis  qui a été là jusqu’en 2004, soit quatre mois avant le début des JO., et à qui beaucoup reprochent la falsification des comptes.

 

Une opposition de droite, qui fait de « l’obstruction systématique » disent la plupart des observateurs : elle reproche au Premier Ministre de n’avoir pas su négocier les conditions du plan de sauvetage.

 

Un peuple ravagé par la politique d’austérité, qui ne veut plus être la seule classe à payer, outrés que les « riches » puissent encore aujourd’hui échapper à l’impôt. Un peuple que beaucoup dans le monde, qualifient d’exemplaire, dans le courage qu’il affiche depuis des mois.

Le mouvement des Indignés grecs, calqué sur celui de Madrid, réussit à faire descendre dans la rue des milliers de Grecs pour protester contre la rigueur des coupes budgétaires, contre les 20 à 30% de baisses de salaires dans le secteur public et le gel des conventions collectives dans le privé.

Propos relevés dans divers journaux :

« Un restaurateur de Corinthe prétextant une panne de la machine à carte bleue pour être payé en liquide » … « Un armateur du Pirée immatriculé aux Bahamas » … « Un pope débonnaire défiscalisant en toute légalité sa taxe foncière » … Et des milliers d’autres exemples de fraude fiscale, pratiquée comme un sport national, de chiffres biseautés, qu’il m’est impossible de vérifier, mais dont le manque de civisme viendrait  expliquer la dette abyssale du pays.

 

Les lobbies avec les citoyens privilégiés que sont :

* d’une part, les agriculteurs et armateurs, qui ne paient pas d’impôts de façon légale

* et d’autre part, les professions libérales qui frauderaient de façon notoire.

C’est dans le Point du 28 octobre qu’il était écrit que le secrétaire d’état grec au Minsitère des Finances était à Berne pour récupérer une partie des milliards cachés dans les banques helvétiques ! … démarche qu’on ne comprend pas bien, puisque cet argent appartient aux Grecs, pas à la Grèce …

 

L’Eglise enfin, deuxième propriétaire foncier du pays, au patrimoine immense exonéré d’impôt. Manque de cadastre  +  sujet tabou  font que les politiques n’osent pas s’attaquer au problème.

 

 

Les  faits :

 

Décembre 2008 : Des violences éclatent partout dans le pays, après la mort d’un adolescent de 15 ans, tué par balles par la police à Athènes.

Le taux grec de remboursement est alors de 4,8%

26 janvier 2009 : Standard & Poor’s abaisse la note de la dette émise par la Grèce

Le taux de remboursement passe à 6,2%

5 novembre 2009 : le déficit budgétaire est estimé à 12,7% du PIB, le double de ce qui était annoncé.

Le taux de remboursement passe à 7,1%

28 janvier 2010 : le gouvernement adopte un premier plan d’austérité

23 avril 2010 : il fait une demande officielle d’aide à l’Union Européenne.

2 mai 2010 : l’Union Européenne propose un plan d’aide

Juin 2010 : nouvelle baisse de la note grecque

 

Dans ces derniers jours, tout s’accélère :

 

28 octobre 2011 : Le Sommet Européen de Bruxelles efface la moitié de la dette grecque. Avec très peu de conditions contraignantes. On s’attendrait à des scènes de liesse devant un tel accord européen inespéré. Pas du tout.

Le 31  octobre 2011 : Georges Papandréou annonce un référendum et un vote de confiance au Parlement afin de poursuivre sa politique jusqu’à la fin de son mandat en 2013. Mais il dispose d’une très faible majorité  (153 députés sur 300 sièges) et surtout doit faire face à une montée des oppositions dans son propre camp. Cette annonce fait plonger toutes les valeurs bancaires de la zone euro.

Pendant ce temps, le 3 novembre : le taux de remboursement est passé à 30,9%

Et puis, coup de théâtre, après intervention des autres acteurs de cette tragédie :

Le 4 novembre 2011 : Le Ministre des Finances annonce que la Grèce abandonne son projet de referendum.

Le 9 novembre 2011 : Georges Papandréou annonce sa démission.

 

 

Comment l’astrologie donne-t-elle un sens à ces évènements ?

 

Difficile de monter le thème du pays  tant les dates proposées sont différentes : 25 mars 1821 ? … 27 janvier 1822 ? …. 15 mai 1918 ? …

Je me suis rangée finalement à la date donnée par GABRIEL (encore merci à Anny de m’avoir donné cette piste après mon dernier Billet). L’auteur du Traité de l’heure dans le monde, bien connu des astrologues, nous donne :

le 27 janvier 1822 à Epidaure (en calendrier grégorien, bien que la Grèce ne soit passée à ce calendrier qu’en 1923), à une heure qui se situerait dans le milieu de la matinée. Les études de Gabriel ont montré que l’ascendant devait être en Bélier. J’ai donc monté le thème pour 9h 45, heure locale.

 

 

Si l’on en croit l’ascendant donné par Gabriel, le Milieu du Ciel en Capricorne nous donne Saturne comme maître de la destinée.

Or, Saturne transite actuellement la Maison 7. Il s’agit de redéfinir le but de l’association, de cesser de penser en être unique et de coopérer !

Comme toujours, avec ce transit en 7, si l’on a compris, et si l’on est prêt à coopérer, tout se passe bien. Sinon, les problèmes arrivent, pour nous obliger à faire ce travail, c’est-à-dire s’adapter au bien commun. Partout où passe Saturne, il faut rompre avec d’anciennes habitudes (ici, en fonction de la maison 7, c’est-à-dire des autres) et en fonction de ce qui s’est passé lorsque Saturne a transité la maison 1 :

C’était en 1996 / 1997 : un regain de tension entre la Grèce et la Turquie (lié aux graves évènements survenus à Chypre en août 96) a porté au pouvoir le PASOK qui remporte des législatives anticipées avec 42% des voix. Ces élections marquent la victoire d’une volonté européenne et d’une politique d’austérité.

Il semble bien que ce passage en maison 7, après cet hémicycle croissant de 14 ans, soit le résultat  et la conséquence des promesses (ont-elles été tenues ?) faites à cette époque.

 

En outre, Saturne transite à l’opposé de Saturne natal :

Il est bien indispensable de réajuster les objectifs

 

Dans le même temps, Pluton transite la maison 10 :

Transiter un angle du thème nous oblige toujours à spécifier clairement la nature de sa destinée essentielle : en maison 10, il s’agit plus spécialement d’assumer consciemment des responsabilités de groupe. Ici la vie sociale est soumise à de puissants changements : une mort pour une renaissance de la vie sociale et extérieure.

Le transit de Pluton se fait sur la conjonction natale Uranus/Neptune :

et confirme bien une idée de transformations radicales (Uranus)  mais dans un certain flou (Neptune) où peuvent dominer incertitude et indécision.

 

D’autre part, depuis le printemps 2011 et pendant toute l’année 2012 : Uranus transite l’ascendant, au carré de lui-même et au carré de Neptune :

un transit qui voudrait passer certes par une certaine indépendance, mais qui, du fait du transit dissonant, ne peut se faire que dans la tension et la révolte.

 

Beaucoup d’autres transits encore, mineurs, que je ne développe pas pour ne pas surcharger ce Billet, mais qui vont dans le même sens.

 

Toutefois, il est important d’ajouter que Mars, maître de l’ascendant Bélier, transite pile sur le Nœud Sud :

c’est pour la Grèce une occasion de mettre un terme définitif à un type d’action qui nuit à l’intérêt du pays. « Fatigue et lassitude, issues d’un sentiment de découragement devant l’adversité » nous dit Irène Andrieu, page 198, dans son Astrologie, clé des vies antérieures. Et on le comprend bien, de la part d’un peuple qui croule sous la rigueur exigée, tout en ayant bien conscience de devoir payer aujourd’hui des années de laisser-aller et  le laxisme d’un certain nombre de  « citoyens ».

On peut donc raisonnablement penser que leur travail à venir, sera :

* soit de mettre en mouvement un travail spécifique de libération d’une forme d’addiction,

* soit d’oser initier une dynamique qui, jusqu’à présent, rebutait ou faisait peur.

Le trigone harmonieux que Mars fait à Jupiter / Saturne  natal, leur apporte l’opportunité de ne plus s’engager, consciemment cette fois, dans les mêmes impasses.

Ils sont arrivés à un nouveau carrefour de leur Histoire. A eux de décider quelle route ils voudront prendre.

 

Un dernier point :

Monsieur Papandréou est né le 16 juin 1952 à Saint-Paul (Minnesota). Pas d’heure de naissance.

Outre le fait qu’il a :

* un transit de Pluton opposé à son Uranus natal (face à face avec des transformations radicales)

* un transit de ce même Pluton en carré dissonant à son Saturne natal (obligation de changer d’un système de valeurs et fragilité face aux pressions collectives)

* on peut noter également que, pour son anniversaire 2011, il y avait dans le ciel une éclipse totale de Lune : une éclipse en révolution solaire apporte souvent une « mise en valeur » pendant l’année d’anniversaire, éventuellement le point culminant d’une carrière, mais cette mise en valeur précède souvent le déclin., selon l’astrologie traditionnelle.

Dans l’optique humaniste de Ruperti, l’éclipse met au défi de balayer tous les facteurs limitants et entraîne donc un changement nécessaire dans l’expression de la personnalité. C’est dans ce sens que la nouvelle adaptation à la vie qui en résulte, apporte un moment de tension, et qu’on peut observer, quand il s’agit d’une personnalité, une période importante de repli, ce qui semble bien avoir joué pour Monsieur Papandréeou..

 

Conclusions.

 

La Grèce, pour moi, se limitait encore, il y a quelque temps, à des diaporamas reçus sur Internet, montrant des villages tout blancs, et des collines dégoulinant de fleurs, sur un fond de mer aussi bleue que les volets de ses maisons !

En fait, le pays,  englué dans une crise politique sans précédent, est dans une situation bien éloignée de cet Eden en miniature. Le monde entier le regarde en train de s’effondrer. Ce soir,  Carolos Papoulias, le Président, semble avoir trouvé un nouveau  Premier Ministre qui fait consensus.

Le mot « crise » vient du grec « krisis » Tiens donc ! … mais dans la crise, nous y sommes tous, aujourd’hui. Et quelle que soit la volonté de ceux qui voudraient en limiter les dégâts, il y en aura toujours trop, surtout pour les plus fragiles.

Il faudra encore attendre un certain temps avant d’aller là-bas, tous ensemble, danser le sirtaki après s’être rafraichi d’un grand verre d’ouzo !

 

Jacqueline  –  ce   10  novembre 2011

En ce jour de Pleine Lune

www.jacquelineboilot.com

 

 

 

 

 

 

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